L’INSA Rouen Normandie et l’Université du Havre Normandie coordonnent RESCO, un master conjoint Erasmus Mundus en génie civil et énergies renouvelables, qui accueillera ses premiers étudiants à la rentrée prochaine. Vincent Cruder, chargé de projets internationaux, et Saber Imanzadeh, enseignant-chercheur, tous deux de l’INSA Rouen Normandie, présentent ce nouveau cursus et les plus-values d’une labellisation Erasmus Mundus.
Vincent Cruder : RESCO est l’acronyme de « Renewable Energy and Sustainable COnstruction ». Il s’agit d’un master en génie civil, co-accrédité par l’INSA Rouen, l’Université du Havre et des partenaires hongrois, espagnols et portugais. Il forme aux métiers du secteur de la construction durable et des énergies renouvelables, liés à la réalisation d’études ou à la conduite de travaux par exemple. Les étudiants suivront un semestre d’études à Budapest, un second en Espagne et au Portugal, puis un troisième au Havre, avant d’accomplir un stage dans le pays de leur choix durant le dernier semestre.
Vincent Cruder : Le label apporte une preuve d’excellence. L’action Erasmus Mundus prévoit par ailleurs que le programme du cursus soit conjoint, ce qui offre aux étudiants l’opportunité de découvrir plusieurs établissements d’enseignement supérieur à travers des cours de haut niveau. Ils bénéficient ainsi des meilleurs savoir-faire de chaque université partenaire, et d’une diplomation unique délivrée par tous ces établissements. C’est bien plus qu’un échange, car il y a un véritable accompagnement global au niveau du suivi de la scolarité ou de la vie étudiante.
Enfin, le label Erasmus Mundus ouvre la possibilité d’une bourse. C’est pourquoi les candidatures sont nombreuses. La phase de sélection n’est pas encore terminée et nous avons déjà reçu plus de 700 dossiers pour 25 places ! Seuls les meilleurs seront retenus et la sélection est exigeante.
Saber Imanzadeh : Aux côtés de l’INSA Rouen Normandie et de l’Université du Havre Normandie, on retrouve la Budapest University of Technology and Economics (BME), en Hongrie, l’Université de la Corogne, en Espagne, et l’Université de Minho, au Portugal. Chaque établissement va apporter ses compétences et ses spécialités. L’Université de Budapest, par exemple, est reconnue sur les questions de structure et de dimensionnement. Celles d’Espagne et du Portugal sont réputées pour les constructions durables. Quant à l’INSA et l’Université du Havre, elles proposent déjà un master en anglais sur les énergies renouvelables et le génie civil, qu’on ne trouve nulle part ailleurs. Cela constitue une offre très complémentaire.

Vincent Cruder : Les partenaires associés sont des entreprises, ainsi que quelques universités. Les entreprises vont principalement accueillir nos étudiants en stage et certaines vont participer au comité d’amélioration continue de notre master, en proposant des évolutions notamment en fonction de leurs retours sur les stagiaires qu’ils auront accueillis. Les universités partenaires, hors consortium, contribuent quant à elle à la promotion du cursus, en particulier auprès de leurs étudiants.
Saber Imanzadeh : Ils devront avoir une licence en génie civil, énergies renouvelables ou mécanique, ou bien avoir suivi une formation d’architecte ou d’ingénieur.
Vincent Cruder : Dans le cadre d’Erasmus Mundus, nous sommes encouragés à privilégier une diversité en matière d’origine géographique des étudiants. Les bourses, attribuées aux meilleurs d’entre eux, sont plafonnées sur ce principe : les bénéficiaires d’une bourse issus d’un même pays ne doivent pas dépasser 10 % de l’effectif de la promotion. L’autre prérequis est un niveau d’anglais correct.
Vincent Cruder : Les étudiants vont acquérir des compétences interculturelles, grâce aux différents lieux d’enseignement mais aussi aux étudiants de la promotion originaires de divers pays. Dans certains cours, ils seront également mélangés avec les étudiants des cursus classiques des établissements partenaires du consortium. Globalement, ils développeront des capacités de flexibilité et d’adaptabilité.
Saber Imanzadeh : Outre l’acquisition des connaissances académiques, ils vont découvrir les normes, les coutumes et les réglementations de tous les pays dans lesquels ils vont étudier ou faire leur stage.
Saber Imanzadeh : C’est effectivement grâce à une bourse Erasmus Mundus que j’ai eu la chance de suivre mon doctorat. J’ai découvert son existence par hasard chez moi, en Iran. J’ai été sélectionné pour un doctorat Erasmus Mundus en génie civil sur les fondations dispensé par l’Université de Bordeaux. Durant le cursus, j’ai découvert une culture et un environnement différents, et la variété des profils des autres étudiants était enrichissante. C’est d’ailleurs au cours de mon doctorat que j’ai appréhendé le fonctionnement de l’enseignement supérieur français, pour lequel je travaille aujourd’hui.
Saber Imanzadeh : Ne pas hésiter à se lancer ! Si l’on est confronté à un premier échec, ce n’est pas grave : se relever après une chute fait partie du parcours.
Vincent Cruder : Nous n’avons pas obtenu le label Erasmus Mundus lors de notre première candidature : il faut du temps et de la persévérance. Nous avons retravaillé notre dossier et constitué une équipe investie. Nous sommes allés chercher des aides partout : nos partenaires espagnols ont sollicité des collègues qui avaient déjà été sélectionnés sur Erasmus Mundus, nous avons bénéficié d’une aide de la Région Normandie pour obtenir un accompagnement au dépôt de projet… Et puis, nous avons été accompagnés par l’Agence Erasmus+ France / Education Formation et avons participé aux webinaires qu’elle organise.
Par ailleurs, je travaille aux relations internationales, Saber est enseignant-chercheur : nos deux profils sont très complémentaires. Pour moi, la réussite d’un tel projet passe par une connexion assez forte et un binôme ou une équipe qui fonctionne bien !
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