Figurant parmi les six lycées sous la tutelle du ministère des Armées, le lycée militaire d’Autun, en Saône-et-Loire, est actif dans le programme Erasmus depuis 2018. Durant son année de 1ère, avec d’autres élèves, Orianne a passé deux semaines en Suède. L’occasion de découvrir de nouvelles matières et des formats de cours très différents. La jeune lycéenne nous raconte.
Je m’appelle Orianne, j’ai 17 ans et je suis en Terminale générale au Lycée militaire d’Autun. Je suis originaire du Var et mes deux parents sont militaires. J’ai intégré ce lycée en 2nde. Cela me permet d’étudier dans un endroit fixe, c’est rassurant car mes parents, par leur métier, bougent souvent. Ma sœur aînée y était entrée un an auparavant, je savais à quoi m’attendre.

Le cadre est assez strict, mais je le vis plutôt bien. On loge en internat. La journée commence par un lever à 6h30, puis un rassemblement militaire et des travaux d’intérêt généraux (TIG), rangement ainsi que ménage des chambres et des communs, avant d’aller en cours. Au quotidien, il y a aussi l’uniforme, la marche au pas et les cérémonies.
L’année dernière, en 1ère, avec un petit groupe d’élèves, j’ai eu la chance de participer à un séjour Erasmus+ à Eskilstuna, dans le sud-est de la Suède. Durant deux semaines, j’ai vécu la vie d’une Suédoise ! J’étais logée dans la famille de ma correspondante, avec qui j’avais échangé avant mon départ. Nous nous sommes très bien entendues et nous avons depuis gardé le contact.
Nous suivions les cours dans un lycée général, sans aspect militaire, dans le cursus de ma correspondante, qui avait choisi un programme tout en anglais.
Après les cours, nous faisions des sorties, dans des friperies ou au bowling, et nous mangions très souvent à l’extérieur, chez les uns ou les autres. J’ai découvert le « fika », sorte de goûter ou pause-café, qui se prend à toute heure et est une vraie tradition suédoise.
Tout d’abord, j’ai été surprise par les relations entre professeurs et élèves. En Suède, les élèves sont beaucoup plus à l’aise avec les enseignants : ils les appellent par leur prénom et les tutoient. Les profs sont très présents et jouent presque un rôle de superviseurs.

J’ai remarqué beaucoup plus de flexibilité dans l’organisation scolaire. Sur le plan pratique, les salles de classe sont aménagées en îlots ou en forme de U. Les élèves sont répartis par groupe et le professeur passe de l’un à l’autre. L’usage du numérique est très répandu, il n’y a presque pas de cahier ni de polycopié. Les téléphones portables et les ordinateurs sont autorisés. Et les lycéens peuvent se lever et sortir de classe comme ils le souhaitent, sans demander l’autorisation ! Ils choisissent librement leurs matières : chacun a son emploi du temps et personne ne finit à la même heure. Il n’y a pas de séance de sport, mais le planning est adapté pour que les élèves puissent avoir des activités extrascolaires. Enfin, la sonnerie entre les cours n’existe pas.
C’était très positif. J’ai découvert de nouvelles matières, comme global politics, qui m’a vraiment intéressée, ou la philosophie, qu’on n’aborde qu’en Terminale en France, et bien sûr un peu le suédois, mais la langue est difficile. J’ai aussi suivi des cours de dessin et découvert d’autres techniques artistiques.
Je suis beaucoup plus à l’aise en anglais car nos correspondants ne connaissaient que très peu le français et je parlais anglais toute la journée. Je constate que je fais beaucoup moins d’erreurs aujourd’hui.
Comme les groupes d’élèves changent à chaque matière, j’ai pu rencontrer de nombreuses personnes. Cela oblige à ne pas se tourner toujours vers les mêmes et à aller vers les autres ! C’était un peu difficile au début, mais j’y suis assez vite arrivée.
Oui, nos correspondants sont venus en France quelques mois plus tard. Pour certains, la différence d’ambiance scolaire a été un peu difficile. Ils ont dû porter l’uniforme et loger à l’internat. Une professeure d’anglais les a recrutés comme assistants dans ses cours, pour qu’ils puissent participer aux activités, malgré un niveau de français souvent faible.
La visite de Stockholm ! C’est une grande et belle ville, que j’ai adoré découvrir. D’ailleurs, j’aimerais beaucoup retourner en Scandinavie – j’ai raté les aurores boréales lors de mon passage en Suède. Et, en général, continuer à découvrir d’autres pays, peut-être dans ma future vie professionnelle.
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