Durant une année de césure en Erasmus+, Laura, élève-ingénieure à l’École supérieure de chimie, physique et électronique de Lyon (CPE Lyon), a réalisé un stage chez Airbus Defence and Space, en Allemagne. L’occasion d’étoffer son expérience professionnelle dans un domaine porteur, mais aussi de préciser ses choix de spécialisation.
Après une première année de médecine, Laura, 24 ans, s’est peu à peu orientée vers la chimie, par goût et aptitude pour la discipline, et a fait le choix du cursus « Ingénieur en Chimie et génie des procédés[1] » à l’École supérieure de chimie, physique et électronique de Lyon (CPE Lyon). À l’issue de sa quatrième année, elle a opté pour une césure de douze mois, avec une mobilité Erasmus+ qui lui permet de combiner deux prérequis de sa formation : stage et séjour à l’international.
C’est en remarquant par hasard, dans les couloirs de son établissement, une offre de stage chez Airbus Defence and Space, en Allemagne, que l’étudiante s’est dit « pourquoi pas moi ? ». Le stage combinait biotechnologies et matériaux polymères, ses sujets de prédilection. Laura s’est réjouie de découvrir que la division d’Airbus s’intéressait aux biotechnologies, ces procédés qui utilisent les propriétés des organismes vivants à des fins d’applications industrielles. Après un entretien prometteur, elle a pu rejoindre la division Defense and Space d’Airbus, située à Ottobrunn.
Originaire de Bretagne, l’étudiante a fait le choix du train pour se rendre de Lorient à Munich, chargée de lourdes valises pour ce séjour d’une année complète. Et, chanceuse, a pu d’emblée récupérer la chambre laissée vacante par son camarade de la promotion précédente, rentré à Lyon. Elle partage ainsi sa colocation munichoise avec une jeune femme originaire de Chine et un jeune Indien.
Dédié à la branche aérospatiale, le site d’Ottobrun, à 20 km de la capitale bavaroise, se consacre à la production d’instruments optiques, de panneaux solaires pour les satellites et de moteurs de fusée. Un secteur à la pointe de l’innovation, où le respect des questions de confidentialité s’impose. Laura travaille au sein d’Airbus Central R&T (Research & Technology) : les premières technologies y sont testées avant déploiement, en cas de succès, dans les autres divisions. Le cœur de sa mission consiste en un projet de recherche d’application des biotechnologies, avec une partie conséquente de ses journées consacrée aux manipulations en laboratoire. « Recourir à des produits issus des biotechnologies permet d’éviter l’emploi de produits chimiques, afin de diminuer l’empreinte carbone, et de réduire les risques pour la santé dans les sites de productions, ou en prévision de futures réglementations dans l’aéronautique », indique-t-elle. Il lui arrive aussi de collaborer sur d’autres projets, par exemple en lien avec les recherches sur la protection contre la corrosion.
L’élève-ingénieure, qui avait auparavant uniquement effectué des emplois saisonniers, est ravie de la qualité de cette expérience internationale, au sein d’un groupe de renom, et qui constituera une jolie carte de visite. Aux côtés de son superviseur et d’un doctorant, Laura précise : « j’ai pu améliorer mes compétences en manipulation de biotechnologies. Je suis chimiste au départ, mais ce stage m’a permis de développer des compétences nouvelles. J’ai, par exemple, appris à travailler en conditions stériles car, lorsque les bactéries entrent en jeu, la contamination peut aller vite ». Elle raconte ainsi une méthode régulièrement employée, « en apparence rustique dans notre environnement de haute technicité, mais imparable » : utiliser un bec Bunsen et manipuler au plus près de la flamme émise pour s’assurer d’éviter toute contamination par l’environnement ambiant.
« C’est un environnement dynamique et très sympathique, avec des profils plutôt variés. En plus des employés en CDI, il y a pas mal d’étudiants en stage, d’alternants ou de doctorants », indique Laura. Dans ce contexte stimulant où se côtoient de nombreuses nationalités, langues et expertises (ingénieurs, chimistes, techniciens…), on entend tour à tour parler allemand, français, anglais ou espagnol. Pour la jeune ingénieure, chaque semaine commence par une présentation orale à réaliser en anglais sur les avancées du projet. Alors qu’en début de stage, elle appréhendait beaucoup l’exercice, Laura se félicite de se sentir désormais davantage en confiance.
Ce stage lui a permis de découvrir à quel point elle apprécie l’environnement de la Recherche & Développement. Et d’affiner sa volonté de se spécialiser dans le domaine en plein essor des biotechnologies. C’est dans ce sens qu’elle a candidaté pour une nouvelle mobilité Erasmus+, durant le premier semestre de sa cinquième année d’études. Laura a ainsi sélectionné une école d’ingénieurs spécialisée, associée à l’université Ramon Llull, à Barcelone. Après la Bavière, ses lacs et montagnes, ce sera cap sur la Catalogne !
[1] Génie des procédés : discipline consistant à concevoir des procédés de transformation de la matière
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