Charlotte, 21 ans, a effectué deux mois de stage dans la maternité de Riga, en Lettonie, dans le cadre de sa deuxième année d’études à l’Institut de formation en soins infirmiers (IFSI) de Nancy. Une expérience qui lui a fait découvrir une réalité très différente du système de soins français et lui a appris à s’adapter.
Je terminais ma 2ème année à l’IFSI Nancy. J’ai réalisé ma mobilité dans le cadre de mon deuxième stage de deuxième année, pendant 10 semaines. Mes parents m’ont toujours inculqué le goût du voyage, aussi la possibilité de partir en Erasmus m’a tout de suite motivée !
Je devais choisir entre les établissements partenaires de mon IFSI. Il y avait cinq ou six possibilités. J’ai choisi Riga, en Lettonie, car cela me semblait l’option la plus dépaysante. Je n’avais pas envie de choisir un pays francophone ou bien l’Espagne, où j’étais déjà allée. Je ne connaissais pas les Pays baltes et leur culture : cela m’a intriguée. J’ai vu par ailleurs qu’il y avait beaucoup d’opportunités d’excursions aux alentours de Riga.
J’ai réalisé mon stage au sein de la maternité de Riga, qui est divisée en plusieurs secteurs : les chambres mère-enfant – doubles et simples -, deux blocs pour les césariennes et deux salles d’accouchement. L’hôpital dispose aussi d’un service de soins intensifs avec six couveuses, mais le service n’est jamais rempli.
J’ai été intégrée à l’équipe de pédiatrie et je ne m’occupais que des bébés : pesée, soins du cordon, injections d’antibiotiques, vaccins, etc. Pendant les césariennes, je faisais les soins primaires (score d’éveil du bébé, pesée, oxygène, etc.). J’ai aussi assisté le pédiatre sur des tâches qui incombent au médecin, comme la pose de cathéters.
En stage Erasmus, nous sommes plutôt là pour la découverte : c’est nous qui devons dire ce que nous avons envie de faire. J’étais volontaire pour tout, donc j’ai fait plein de choses différentes.

C’était quelque chose qui me faisait peur avant de partir. C’est pourquoi, le mois qui a précédé mon départ, je me suis beaucoup entraînée en anglais. J’ai aussi appris des mots de vocabulaire en letton et en russe, car beaucoup de monde parle les deux langues en Lettonie.
J’ai passé l’essentiel de mon stage aux côtés des médecins, qui ont tous eu une expérience à l’étranger dans le cadre de leur formation et avec qui j’échangeais en anglais. Je n’avais pas un très bon niveau d’anglais avant de partir et clairement, j’ai beaucoup progressé grâce à ce séjour. Avec les infirmières, c’était plus compliqué, alors la communication passait par ce qu’elles me montraient et la pratique.
J’ai appris énormément en termes de connaissances médicales, notamment sur les nouveau-nés, mais assez peu au niveau des soins. D’un point de vue humain, comme les infirmières n’étaient pas toujours disponibles en raison de leur charge de travail, j’ai dû apprendre à aller vers elles et cela m’a beaucoup aidé pour mes stages suivants.
C’était intéressant de voir les différences entre nos systèmes de soins. Les équipements sont moins modernes qu’en France. Au bloc, par exemple, il n’y avait pas de bistouri électrique pour les césariennes, qui permet pourtant d’éviter les saignements, et les médecins utilisaient un scalpel classique. Il n’y avait pas non plus de lits électriques pour les patients. Les pratiques sont également différentes. Par exemple, en France, dans le cas d’une césarienne, on lève la patiente deux heures après. A Riga, c’était plutôt quatre jours après.
Autre différence : les médecins avaient un peu moins de patients. Ils prenaient donc plus le temps pour aller réajuster leurs prescriptions, faire les soins sur le bébé ou encore lire des articles médicaux pour se tenir au courant des dernières nouveautés. J’ai compté cinq naissances au maximum dans une journée, mais en moyenne, c’était plutôt une ou deux. Riga est pourtant la capitale du pays ! Je suis actuellement en stage en maternité à Nancy et c’est complètement différent.
J’ai vraiment gagné en autonomie et en capacité d’adaptation ! En France, j’habite chez mes parents. A Riga, j’ai dû trouver seule ma colocation – que je partageais avec des Allemands -, apprendre à gérer mon budget et l’appartement, faire mes courses ou prendre les transports en commun dans une langue étrangère, etc. Même faire ma carte de bus a représenté un sacré défi !
Cette expérience Erasmus+ m’a donné envie de voyager. Je rentre d’ailleurs d’un séjour de vacances au Canada : après ma mobilité à Riga, tout me paraissait plus simple. Je réfléchis aussi à partir durant mon master ou dans le cadre d’une expérience humanitaire. Cela m’a également poussée à regarder comment se pratique le métier d’infirmière ailleurs. Le Canada m’attire beaucoup : les techniques de soins y sont top et les pratiques infirmières plus développées.
Je suis devenue Ambassadrice Erasmus+ car j’avais envie de partager mon expérience. Elle était vraiment géniale et m’a apporté énormément. Je trouve dommage que les étudiants infirmiers n’en fassent que rarement. Cette année, dans mon IFSI, seuls deux des 160 étudiants de deuxième année partent, alors qu’il y a une dizaine de places. C’est peut-être un peu difficile de sauter le pas, mais c’est tellement enrichissant ! Il s’agit d’une vraie plus-value pour son dossier, pour ses compétences linguistiques et pour sa capacité d’adaptation. En tant qu’Ambassadrice, j’ai pu expliquer tout cela aux portes ouvertes de mon école.
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