Le Pays Barval est une fédération d’intercommunalités situées autour et à proximité du bassin d’Arcachon. Les membres de trois de ses comités se sont rendus à Bruxelles dans le cadre d’une mobilité Erasmus+. Leur objectif était de mieux comprendre le fonctionnement de l’Union européenne, dont ils redistribuent les fonds à des projets portés sur leur territoire. Léa Giustiniani, chargée de mission « programmes européens » au sein du Pays Barval, et Monique Didierjean, membre du comité territorial des fonds européens du Pays Barval et présidente de l’Université du temps libre d’Arcachon, ont participé au séjour et livrent leur ressenti sur cette expérience.
L.G. : Le Pays Barval est une fédération de trois intercommunalités : la communauté d’agglomération du bassin d’Arcachon nord, la communauté d’agglomération du bassin d’Arcachon sud et la communauté de communes du Val de l’Eyre. Elles se sont fédérées pour agir sur des thématiques qui dépassent leur échelle, comme la santé, l’agriculture et l’alimentation, ou encore les mobilités.
Le Pays Barval travaille également sur des axes financiers. Nous disposons ainsi d’un contrat avec la Région pour accompagner les projets locaux sur le volet territorial des fonds européens. Concrètement, ces fonds sont attribués par la Commission européenne à la Région, qui nous les confie afin que nous financions des projets de territoire.
La particularité de cette enveloppe est qu’elle est gérée par deux comités de pilotage qui incluent des représentants de la société civile : un comité pour le volet terrestre qui se concentre notamment sur les projets portés par les acteurs de l’enfance, la jeunesse et la formation ; et un comité pour le volet maritime qui cible les projets menés par les professionnels de la mer, comme les ostréiculteurs ou les pêcheurs. Ces instances sont composées pour moitié d’élus issus des collectivités membres, et pour moitié d’acteurs du territoire, comme un club d’entreprises, des chambres consulaires ou encore des associations, parmi lesquelles l’Université du temps libre d’Arcachon, plus grosse association du bassin, avec plus de 950 adhérents.
L.G. : Certes nous gérons des fonds européens, mais nous n’avons que très peu de liens avec les instances européennes. Grâce à un séjour de découverte du fonctionnement des institutions européennes, nous souhaitions mieux comprendre le lien entre territoires et Europe, ainsi que la gestion européenne des fonds.
M.D. : En tant que professeure d’histoire-géographie à la retraite, j’avais quelques petites connaissances sur les institutions européennes, mais cela me paraissait un peu loin de nos réalités. L’idée était de comprendre le lien entre les fonds européens et nous, sur le terrain, qui les attribuons à des projets locaux.
L.G. : Les 19 participants étaient issus des deux comités de pilotage des fonds européens : des représentants des structures professionnelles de la mer, des élus des collectivités, ainsi qu’une très belle mobilisation des acteurs locaux, avec des représentants d’associations, de la Chambre des métiers et de l’artisanat, et de la Chambre de commerce et d’industrie. Des membres du comité technique ont également participé à ce séjour de quatre jours. Issus des collectivités membres du Pays Barval, ce sont eux qui traitent les dossiers en amont des réunions des comités de pilotage. Ce séjour a créé une cohésion entre les membres des comités qui s’est ressentie lors des réunions qui ont suivi. Cette expérience a clairement apporté à notre travail !
M.D. : Auparavant, nous ne nous connaissions pas. Depuis notre retour de Bruxelles, l’ambiance a vraiment changé lors des réunions et on parle plus librement.

L.G. : Nous avons débuté notre séjour par une activité de mise en contexte sur la démocratie à la Maison de l’histoire européenne. Puis, nous avons été reçus à la Commission européenne par des personnes en charge des fonds FEDER (Fonds européen de développement régional), FEADER (Fonds européen agricole pour le développement rural) et FEAMPA (Fonds européen pour les affaires maritimes, la pêche et l’aquaculture), qui sont les fonds que nous déployons sur notre territoire. Ils ont pu nous parler des priorités ciblées, de la programmation actuelle, mais aussi de celle en cours de négociation. Nous nous sommes également rendus au Parlement européen, au Comité européen des régions, et au Conseil économique et social européen.
M.D. : Nous avons appris énormément de choses grâce aux interventions de qualité et aux échanges d’une grande richesse.
L.G. : Lors de la première réunion qui a suivi le séjour, chacun a pu s’exprimer et expliquer ce qu’il a retenu. Nous avons également prévu une restitution vidéo. A cela s’ajoute une diffusion informelle, assez difficile à quantifier, mais tout aussi importante. Par exemple, l’un des représentants de la Chambre des métiers et de l’artisanat qui a participé au séjour est boucher. Il nous a raconté avoir pu reprendre deux de ses clients qui parlaient de la Commission européenne. Il a pu leur dire « non, moi j’y suis allé, et cela ne se passe pas comme ça ! ». C’est également un autre impact dont je suis très fière.
L.G. : Nous nous sommes dit que ce serait intéressant de rencontrer un député européen. On sait que le cadre financier pluriannuel de l’Union européenne est en cours de discussion et nous avons de nombreux enjeux sur notre territoire, comme la forêt et l’ostréiculture, que nous souhaitons porter.
L.G. : Nous avons effectivement bénéficié d’un accompagnement. Tout d’abord, j’ai assisté à un webinaire organisé par l’agence qui présentait le programme plus largement. Comme beaucoup, je suis partie avec Erasmus lorsque j’étais étudiante et j’avais une vision du programme restreinte à l’enseignement supérieur. Avec ce webinaire, j’ai découvert qu’Erasmus+ était ouvert à bien d’autres acteurs ; c’est d’ailleurs grâce à lui que j’ai eu l’idée de notre projet. Ensuite, nous avons été accompagnés dans la sélection des activités que nous voulions organiser : toutes les possibilités sont ouvertes et il faut savoir dans quel parcours on s’inscrit.
L.G. : C’est une très belle opportunité et il ne faut pas hésiter à se lancer. Ce n’est pas juste un séjour à l’étranger car il y a une vraie plus-value : on voit concrètement les résultats sur les participants et sur la dynamique du groupe. On sent qu’une telle expérience améliore leurs capacités à travailler ensemble. Certes, cela représente un investissement en temps et c’est du travail de monter un projet Erasmus+ mais quand on voit les bénéfices, on se dit que ça vaut vraiment le coup. Le résultat est encore plus riche que ce qu’on pouvait attendre au début et l’impact sur notre travail est réel : les relations avec les membres des comités sont plus fluides et des dynamiques, notamment avec les collectivités locales, se sont créées.
MD : Je trouve cela merveilleux de pouvoir apprendre à tout âge et Erasmus+ est ouvert à toutes les personnes qui ont des activités bénévoles.
Éducation des adultesMobilitésCitoyenneté / Culture / Patrimoine